L'Art du Violon

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 École de violon à distance

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Kiriasse

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MessageSujet: École de violon à distance   Dim 10 Aoû - 10:42

Bonjour,
Je vous faisais part ici d'un projet que je nourrissais de trouver un bon professeur de violon acceptant de créer une École de Violon à Distance. C'est maintenant en bonne voie. Un professeur de nationalité française exerçant en Amérique centrale est en train de réaliser ce projet. Les cours commenceront en octobre 2009.
Le professeur est trouvé. Mais, pour que le projet se pérennise, il faut évidemment des élèves. Ces cours sont destinés à des apprentis violonistes francophones de tout âge pouvant résider dans n'importe quel pays.
Je suis pour ma part évidemment intéressé. Je fais le pari que reprendre les choses depuis le début selon une progression rigoureuse étalée sur au moins 3 ans me permettra de consolider mes acquis, de corriger des erreurs que je ne soupçonne peut-être même pas, d'acquérir en fin de cursus un bon niveau ouvrant l'horizon sur de nouveaux progrès à réaliser en autonomie.
Je crois vraiment que la naissance de cette formation à distance est une chance pour tous les apprentis violonistes désireux de progresser en travaillant sérieusement. Si vous êtes dans ce cas, ne la laissez pas passer !
Vous trouverez toutes les informations nécessaires sur mon site personnel : http://www.kiriasse.fr
Si cela vous intéresse, veuillez vous faire connaître (sans engagement définitif d'inscription pour le moment) en utilisant le formulaire qui se trouve sur la page :
http://www.kiriasse.fr/formulaire_evd/formulaire_evd.html


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Kiriasse

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MessageSujet: École de Violon à Distance   Mer 17 Sep - 15:40


Il est temps de se préinscrire à la première année 2009-2010 de formation de l' « École de Violon à Distance » de M. Gilles RABINOVITCH.

Formulaire de préinscription :
http://www.kiriasse.fr/formulaire_evd/formulaire_evd.html

Le paiement (qui vaut inscription définitive) devra être fait avant le 1er septembre 2009.

Il est possible de ne s'inscrire, à l'essai, qu'au 1er trimestre.

Pour plus d'informations :
http://www.kiriasse.fr



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Denise Apollinaire

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MessageSujet: Re: École de violon à distance   Jeu 26 Fév - 1:06

Pourquoi une école de violon à distance ?

Qu'est-ce qui peut remplacer la présence du professeur de violon à côté de soi, pour nous le dire tout de suite quand on fait une bêtise, et pas nous laisser mal travailler pendant des heures pour rien ?


Un jour mon professeur, alors qu'on travaillait sur une étude de démanchés, m'a arrêté au bout de deux mesures parce que j'avais un mouvement vicieux de la main qui consistait à la faire changer de forme pendant le démanché comme si elle sautait d’une position à l’autre (un défaut qu’ont beaucoup de débutants. Sur cette étude là, cela ne posait pas de problème, parce qu'elle était facile, donc, toute seule, je ne pouvait pas me rendre compte que c’était mauvais ; mais sur un morceau plus difficile (un concerto de BACH comme je le travaille en ce moment), cela aurait été injouable car à la fin de mon démanché, je ne serais pas en position de jeu.


Mon professeur m'a dit : "Tu vois, si je t'avais laissé toute seule, tu serais partie pour travailler ça comme ça pendant une heure dans ta chambre et cela n'aurait servi à rien"

Si mon professeur n'avait pas été là, à côté de moi, à ce moment là, je serais restée incapable de jouer mon concerto. Mais grâce à ce qu'il m'a dit, j'ai pu me corriger quand j'ai vu que ce défaut réapparaissait sur le concerto. . . en me rendant le jeu impossible comme il me l’avait prédit !



En revanche, quand il est parti, j’ai continué à travailler toute seule et là j’ai commencé à décliner, décliner. . . depressed J’ai perdu toute ma technique et j’ai failli me dégoûter du violon ! Alors je suis partie de Belgique, je suis revenue auprès de mon ancien professeur de violon, (un peu découragée et humiliée, il est vrai) et là, miracle ! Ma technique est revenue ! Et maintenant, j’ai même beaucoup progressé par rapport à avant que je perde ma technique.


Moralité : ON NE PEUT SE PASSER DE LA PRESENCE D'UN BON PROFESSEUR DE VIOLON

Et je pourrais te donner beaucoup d’autres raisons qui font que l’on a besoin d’un professeur à côté de soi, mais je pense que celle là suffit.
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Kiriasse

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MessageSujet: Re: École de violon à distance   Jeu 26 Fév - 10:32

Le fait d'écrire votre réponse en gros caractères rouges n'est pas un argument.
Je vous renvoie à mon site http://www.kiriasse.fr dans lequel je réponds par avance à tout ce que vous présentez comme des objections.
Chacun se fera sa propre opinion.
Kiriasse
Répondant à

Denise Apollinaire a écrit:
Pourquoi une école de violon à distance ?
Qu'est-ce qui peut remplacer la présence du professeur de violon à côté de soi, pour nous le dire tout de suite quand on fait une bêtise, et pas nous laisser mal travailler pendant des heures pour rien ?
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Onilov
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MessageSujet: Re: École de violon à distance   Jeu 26 Fév - 13:21

Denise Apollinaire a écrit:
Pourquoi une école de violon à distance ?

Qu'est-ce qui peut remplacer la présence du professeur de violon à côté de soi, pour nous le dire tout de suite quand on fait une bêtise, et pas nous laisser mal travailler pendant des heures pour rien ?

ON NE PEUT SE PASSER DE LA PRESENCE D'UN BON PROFESSEUR DE VIOLON

+1, totalement d'accord
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Denise Apollinaire

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MessageSujet: Re: École de violon à distance   Jeu 26 Fév - 16:41

Kiriasse a écrit:
Le fait d'écrire votre réponse en gros caractères rouges n'est pas un argument.

hem, mon argument, ce n'est pas ce qui est en gros en rouge. . . C'est tout ce qui est avant.

Je rajouterai encore un argument : c'est celui du sens de l'architecture du morceau.

Tout bon musicien sait qu'un morceau de musique, ce ne sont pas seulement des notes qui se succèdent selon un rythme, c'est aussi un un sentiment, que seule une manière d'interprêter parmi les milliers de manières possibles saura rendre parfaitement.

Pour savoir quelle est cette bonne manière d'interpréter, une bonne lecture de la partition ne suffit pas, il faut aussi un ressenti de la musique, qui ne se forme qu'avec la connaissance du solfège (quand est-ce qu'on change de tonalité ? Quelle est la place de tel ou tel thème dans la structure du morceau ?) et une longue expérience de la musique (les 30 ans de carrière de mon professeur de violon pour commencer).

L'écoute des enregistrements ne suffit pas non plus, car tout ceux qui ont l'expérience de la musique savent qu'une oreille ignorante n'entend pas de la même manière qu'une oreille qui s'est exercée à reconnaître les rythmes, les notes et les tonalités.
Ainsi, après avoir travaillé l'Allemande de la seconde Partita De BACH avec mon professeur de violon, je n'ai plus jamais entendu l'interprétation de SZERYNG de la même manière. Quand je l'ai réécouté, je me suis rendu compte que je m'étais totalement mépris sur la signification de ce morceau, et que mon professeur avait raison ! En effet, SZERYNG donne l'impression de jouer ce morceau lentement, tant son jeu est beau et profond. Mais si l'on fait l'expérience de battre la mesure pendant qu'il joue, on s'aperçoit qu'il joue en fait aussi vite que les autres violonistes ! http://www.youtube.com/watch?v=v-yFA2kd2DA&feature=related
Quelle importance me diras-tu ? Eh bien une très grande importance : l'Allemande de BACH est une danse, et même si elle peut avoir l'air très lyrique et qu'elle l'est par moments, surtout dans la seconde partie (essaie de faire le début d'une manière un peu languissante, en gonflant le ré et le mi, comme je le faisait au début, tu verras, on s'y méprend : ré réééééé, mi fa sol la si dooo#, si la sol miiiiiiii), on ne peut pas la jouer comme une élégie ! Sinon, on a l'air ridicule, surtout un peu plus loin, dans le passage avec les notes piquées (tu sais, do rémi fa, la!, si do rémi, sol! la sido ré, fa!, sol lasi do, mi!, fa solla si, ré!, mi fa#sol# la, do!), c'est dansant ce passage : ça avec un peu de mollesse et tu patauges dans la mélasse. . . comme danse c'est élégant !

J’ai donc pu corriger mon interprétation et éviter le ridicule. Et cela n'a pu se faire que parce que je me suis trompé, et que mon professeur m'a entendue et corrigée.

Tu veux d’autres exemples ?

BERLIOZ savait qu’un même thème, s’il est sublime dans une certaine interprétation, peut être ridicule dans une autre. Il le souligne à plusieurs reprises dans ses Mémoires (un ouvrage dont je conseille la lecture à tous les musiciens). Ainsi, il donne l’exemple d’un thème qui, insignifiant détestable lorsqu’il est chanté par un soliste, même un bon, devient grandiose quand on confie son interprétation à un cinquantaine de choristes, mêmes médiocres.
http://www.hberlioz.com/BerliozAccueil.html

Isaac STERN recherchait l’intention du compositeur dans les manuscrits d’origines : pour lui, chacun des gestes du violoniste devaient avoir leur raison dans l’intention du compositeur et dans la structure du morceau :
http://www.youtube.com/watch?v=jMMTwN6xj-8&feature=related
« You don’t make music to play the violin : you play the violin to make music.

Et si tu veux voir tout le ridicule d’un morceau dont la structure est mal comprise, voici HEIFETZ en train de l’expliquer à ses élèves. . . d’une manière pour le moins édifante.
http://www.youtube.com/watch?v=D5SluQyVqWQ

Même au piano, je croyais au début que je pourrais l’apprendre toute seule (c’est plus facile que le violon, il faut dire). Je croyais être arrivée à quelque chose de bon, mais ce n’était pas le cas. En Belgique, il y avait d’excellents professeurs de pianos (le fondateur de l’école où j’étais avait été professeur de piano et d’écriture musicale au conservatoire de Bruxelles pendant trente ans, mais ce n’était pas le seul professeur de piano), et il m’ont expliqué pourquoi je ne produisais qu’un médiocre son de clochette alors qu’eux parvenaient à obtenir une sonorité profonde, évocatrice et tendre. . .C’est terriblement artificiel ! Personne n’arriverait à le deviner tout seul : en fait, la sonorité au piano ne tient pas tant à la qualité de l’attaque, mais dépend de la manière dont on lève le doigt de la touche, qui influence sur la manière dont l’étouffoir se dépose sur les cordes : il faut attaquer vif et enlever son doigt en douceur. . . Mais tout débutant pense l’inverse. Combien de professeurs sont assez bons pourtant pour expliquer cela à leurs élèves ?
Donc, j’insiste, la présence d’un professeur et nécessaire, et même d’un bon. . . Et si ça ne va pas, changer de professeur ! Pourquoi un nouveau professeur peut-il apporter de nouveaux éléments à l’élève ? Ce n’est pas tellement parce qu’il a apprit le violon différemment, car au fond, toutes les techniques se valent (ou presque) (d’ailleurs mon prof de violon tolère que je travaille maintenant avec une technique un peu différente de celle qu’il m’a apprise, et loin de gêner notre travail, cela l’enrichit), et l’éclectisme est de mise en apprentissage d’instrument. Mais c’est parce que comme il a un vécu différent, et comme l’apprentissage du violon lui a donné des difficultés différentes, il a une autre manière d’écouter et d’observer l’élève. C’est aussi parce qu’il a lui-même eu des professeurs différents.


Dernière édition par Denise Apollinaire le Jeu 26 Fév - 17:35, édité 2 fois
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Denise Apollinaire

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MessageSujet: Re: École de violon à distance   Jeu 26 Fév - 16:56

Tu sais, à mon avis, l'idée d'une aide au travail des partitions est une bonne idée, mais j'aimerais insiter sur le fait que rien ne peut remplacer la présence d'un bon professeur auprès de l'élève.

Pourquoi ne pas organiser des cours à domicile à côté ?

Cela a commencé par un cours collectif si j'ai bien compris ? C'est une bonne idée, mais il faut insister sur l'importance de la présence d'un bon professeur de violon pouvant assurer un suivi régulier et individuel de l'élève.
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Kiriasse

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MessageSujet: Re: École de violon à distance   Jeu 26 Fév - 17:04

Je vois que vous avez 18 ans (vous êtes donc plus jeune que l'aîné de mes petits-fils)... Si vous me lisez attentivement, vous verrez que je ne condamne pas les leçons individuelles traditionnelles.
Bon courage et bien cordialement.
http://www.kiriasse.fr
Kiriasse
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Denise Apollinaire a écrit:

Je rajouterai encore un argument : c'est celui du sens de l'architecture du morceau. Tout bon musicien sait...

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Denise Apollinaire

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MessageSujet: Re: École de violon à distance   Jeu 26 Fév - 18:48

Non, vous ne les condamnez pas, mais vous donnez l’illusion qu’elles sont inefficaces tandis que seule votre méthode seule suffira à former des bons violonistes. . . C’est cela qui m’effraye. La confrontation du l’apprentissage avec la présence du professeur ressemble à la confrontation su rêve d’être violoniste avec le réel : « Il faut apprendre ceci, corriger cela ». Un élève peut ne pas savoir qu’il se trompe et être content de lui comme cela : c’est cela qui est grave.

Une phrase en tout cas me fait bondir d'indignation :
Kiriasse a écrit:
Et les leçons individuelles traditionnelles sont, à mon avis, inefficaces, telles qu'elles se déroulent très généralement, telles que je les ai vécues, quel que soit le talent du professeur.


Faisons un raisonnement tout simple : une leçon traditionnelle, c’est l’aide que vous apportez à distance plus l’écoute du professeur qui permet d’adapter l’aide aux difficultés de l’élève et de le corriger immédiatement avant qu’il ne perde son temps à apprendre le violon de travers. Si selon vous, ces leçons sont inefficaces, alors comment votre enseignement pourra t-il l’être ?


Je suis jeune, mais je parle à vif d’un vécu de violoniste. Mes lectures comme mon vécu me donnent une conscience accrue des limites de notre perception. Telle Socrate, « je sais que je ne sais rien », et je sais même que je ne vois ni n’entends rien, car ce que nous percevons dépends tellement fortement de nos croyances et de nos préjugés de ce que nous croyons devoir entendre. Comme dirait Bergson, « aucun esprit n’est jeune, il a l’âge de nos préjugés ».

Une perception objective des objets que nous avons autours de nous, comme l’exigent l’art et la poésie, est un but impossible qui exige l’aide d’un maître et une ascèse constante. Non que le maître ait forcément une perception objective, mais qu’il puisse nous y amener parce que ses préjugés sont différents des nôtres, et, à force de réflexions, plus proches de la vérité. Ecouter n’est pas une attitude naturelle, elle nécessite tout un apprentissage.

A l’heure où je vous écris, j’ai mis un CD de musique classique pour cacher l’horrible techno de mon voisin. Un grand nombre de jeunes aujourd’hui aiment ces rythmes barbares et les considèrent comme beaux, tout simplement parce qu’on ne leur à jamais appris à écouter la musique. Alors BACH les endort et MOZART les ennuie. Et si on leur dit PAGANINI, ils pensent qu’ont parle d’un sandwiche. Sur un autre niveau, la différence est la même entre les amateurs d’André RIEUX et les amoureux d’Henryk SZERYNG. Les uns et les autres aiment les mêmes musiques. Seulement, il ne l’aiment pas de la même manière : les seconds la comprennent alors que pour les premier, elle n’est qu’un agrément, parce qu’ils n’en ont pas compris la beauté, l’impératif. . . Le contenu explicite, philosophique, en quelque sorte.

Parmi les seconds, HARNONCOURT tente une nouvelle interprétation de BACH avec des instruments baroques. Chez les premiers, cette initiative a dégénéré pour donner lieu à la querelle des Baroqueux et des Anti-baroqueux. Mais HARNONCOURT lui-même était opposé à cette querelle : ce qu’il voulait, lui, c’était nous interloquer, nous faire réfléchir. Il voulait que nous pénétrions plus profondément l’esprit de la musique parce qu’il savait bien que si nous ne le faisions pas, si nous continuions à écouter la musique comme un simple agrément, en prenant les interprétations à la mode (qu’elles soient bonnes ou mauvaises) au lieu de vraiment réfléchir à la signification d’un morceau, alors la beauté allait disparaître parce nous ne saurions plus la reconnaître. Et c’est le sentiment qu’ont eu tous les BERLIOZ qui se plaignaient de la médiocrité de la musique de leur époque.

Mon expérience est une expérience quelle que soit ma jeunesse et cette expérience me fait crier dès que l’on éloigne le professeur de l’élève qui a tant besoin de sa présence, comme crie une mère que l’on sépare de son enfant. Un enfant abandonné à la sortie de l’école devient vite un vaurien. Et un musicien non formé, sans professeur, un mauvais musicien.

En effet, il y a tellement de manières d’interpréter un morceau et le décalage d'une interprétation de maître d'avec les capacités de discernement d’une oreille débutante est tel que nos moyens de communications à distances sont insuffisants à les expliquer.
Le violon n’est pas comme, par exemple, les mathématiques ou la philosophie, qui sont des sciences basées sur le langage. La musique transcende ce langage. C’est pourquoi le langage ne suffit plus à exprimer, ni a fortiori à enseigner la musique.




Votre formule est bonne, mais elle est à compléter.

La raison qui fait que pour certains, il est vrais, les leçons traditionnelles sont inefficaces, c’est que l’on pense qu’elle se suffisent à elle-même alors qu’il est essentiel d’aller vivre la musique dehors, avec les autres, en ensemble, en concert, en orchestre, en stages, bref, de toutes les manières qui nous font rencontrer des musiciens. En effet, comme vous le soulignez bien dans votre site, la musique doit être partagée, et j’ajouterai, partagée régulièrement, voire, dans l’idéal, au quotidien.

C’est ainsi que presque tous les grands violonistes ont eu une famille qui était soit musicienne, soit fortement mélomane.

La mère de Maxim VENGEROV avait fondé une école qui utilisait la musique comme moyen de rééducation des jeunes en difficulté.

Les parents de Jasha HEIFETZ avaient, confie le virtuose, une grande estime de la musique, un très bon goût et surtout l’horreur de la médiocrité, et ce sont eux qui, raconte HEIFETZ, avec son excellent professeur Mr AUER, l’ont sauvé de cette maladie que Jasha HEIFTEZ a nommé l’enfant-prodigisme, et dont vous pouvez sans doute deviner la nature.

Ou bien, pour prendre un exemple plus banal et plus proche de moi, mon professeur de violon (un violoniste moins célèbre, mais un chambriste excellent) représente la cinquième génération de violoniste dans sa famille.

L’impératif est donc de rencontrer, aussi souvent que possible, des musiciens, et surtout des bons musiciens.
Mais si votre méthode relègue la musique à un travail majoritairement fait à domicile, parce que l’enseignement est donné à distance, alors qu’est-ce qui pourra sauver l’élève de
Citation :
l’insuffisance de l’enseignement traditionnel
?




Je ne comprends pas que vous ayez eu tant de mal à trouver un professeur pour reprendre votre violon. Les écoles de musique prennent à tous âges. Les académies (la plupart en tout cas) s’adressent à tous les niveaux. Les cours à domicile aussi. L’ennui, c’est que comme votre formule est presque aussi onéreuse que les cours à domicile, il sera difficile de la compléter pas l’apport de ces derniers.

Les cours collectifs existent déjà dans certaines écoles de musiques. Certains grands violonistes ont commencé ainsi.

Ils représentent un intermédiaire intéressant entre le cours individuel et le cours de musique de chambre, qui est, selon bien des professeurs (et même selon Isaac Stern), la meilleure manière d'apprendre la musique et le solfège, puisque l'on est obligé de s'écouter les uns les autres.

Là où j'était, en Belgique, il y avait des stages de musiques de chambres (internes à mon école) et des orchestres dépendants le l'Ecole de Musique de la Néthen.
Il y avait un orchestre débutant, un intermédiaire (dans lequel j'étais), et un orchestre de niveau avancé (presque professionnel).
Nous avions donné un concert de musiques de films, avec plusieurs chorales, quelques solistes et l'orchestre débutant derrière qui jouait quelques solos faciles. Ce fut une très bonne expérience. Actuellement, ils sont entrain de travailler une symphonia de VIVALDI pendant que moi, rentrée en France, j'étudie le Concerto en la mineur de BACH .

Il est important de souligner que les cours collectifs et l'orchestre ne peuvent EN AUCUN CAS remplacer les cours individuels, mais ils en sont un excellent complément, et même, un complément indispensable.





Et il faut pardonner à ce cher BERLIOZ de ne pas aimer les orchestres amateurs (je ne les aime pas non plus). Ils sont utiles pour apprendre. Mais ce que voulait BERLIOZ, ce n’était pas passer un bon moment avec ses amis en faisant du violon, c’était faire de la musique et rendre à la perfection les impressions qu’il veut peindre, c’était de la faire aimer.

Je vais prendre par exemple André RIEUX : il m’a fait détester STRAUSS.

Prenons maintenant (si l’on ose la comparaison sans qu’elle soit trop offensante) Henryk SZERYNG : il m’a fait aimer BACH à la folie.

Un amateur n’apporte rien à la musique : mais il la vit, s’en nourrit, en devient, sur tout les plans, un peu meilleurs, et c’est cela qui lui importe le plus. Tout le monde ne peut pas être Léonard de VINCI, mais il serait injuste qu’un seul dénigre la beauté de La Joconde. Cependant, Léonard DE VINCI aurait raison de mépriser nos dessins d’amateurs. Et s’il voyait une école qui, selon lui, ne permettrait pas d’arriver à une maîtrise suffisante de son art, il s’y opposerait de toutes ses forces (ce qui ne veut pas dire que je me prenne pour BERLIOZ ou pour Léonard DE VINCI)

Il faut excuser mon mépris comme le sien. Le dénigrement et le mépris, en eux-mêmes, ne sont rien que cette constatation ou cette croyance-ci : « cela n’apporte rien de bon ».

C’est pourquoi j’aime les orchestres amateurs et les initiatives comme la vôtre quand elles complètent efficacement l’apprentissage musical (et rien ne vaut la confrontation et la coopération avec d’autres musiciens pour apprendre le violon), mais je les méprise quand ils prétendent égaler les professionnels (même s’ils doivent y aspirer dans l’idéal) ou si vôtre méthode menace de se substituer à l’enseignement traditionnel.

Nous sommes dans une mauvaise époque : autrefois l’on se vantait d’avoir travaillé avec tel ou tel maître réputé, et maintenant, le fait même d’avoir appris par soi-même devient un argument commercial comme dans la méthode du Violon Bleu, le pire dans la catégorie des attrape-nigauds-désireux-de-devenir-violonistes.

Pourtant, comme le souligne ALAIN, aucun apprentissage ne peut-être fait sans une méthode appropriée. Et il a fallu des siècles pour trouver la technique du violon telle que nous l’enseignons aujourd’hui. Qui donc serait donc assez orgueilleux pour prétendre la trouver de lui-même, et sans l’aide d’un professeur à côté pour lui expliquer ?
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MessageSujet: Re: École de violon à distance   Jeu 26 Fév - 19:28

Je ne sais évidemment rien sur les caractéristiques de votre propre apprentissage du violon. Je ne sais pas où vous habitez (les conditions sont très différentes dans les grandes villes et dans les zones rurales), je ne sais rien sur votre environnement socio-culturel, je ne sais pas le niveau que vous avez atteint...
Mon avis est que, de façon générale, les leçons individuelles traditionnelles sont à elles seules incapables de former un violoniste, quel que soit le talent du professeur. Elles sont nécessairement inefficaces, pour des raisons économiques et pour des raisons didactiques que j'ai essayé d'expliciter sur des pages de mon site. Mais elles peuvent être utiles dans certaines conditions, en complément d'autres ressources d'apprentissage. Et il se peut que certaines personnes puissent apprendre plus facilement que la plupart des gens. Mais leurs performances sont alors explicables par des qualités personnelles exceptionnelles ou un environnement familial favorable et non par les seules vertus des leçons individuelles. Inversement, tous les enfants et adolescents qui ont pu bénéficier de la formation solide donnée dans un conservatoire ne deviennent pas nécessairement des virtuoses...
Si vous me répondez, merci d'être moins prolixe. Mieux vaut jouer de son violon que du clavier de l'ordinateur. tongue
Kiriasse
Répondant à

Denise Apollinaire a écrit:

Non, vous ne les (les leçons individueles traditionnelles) condamnez pas, mais vous donnez l’illusion qu’elles sont inefficaces...
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MessageSujet: Re: École de violon à distance   Jeu 26 Fév - 19:54

Kiriasse a écrit:
..
Si vous me répondez, merci d'être moins prolixe. Mieux vaut jouer de son violon que du clavier de l'ordinateur. tongue
Kiriasse

ah ! ah !

J'y allais, justement.


Ma conviction intime est que chaque personne peut devenir virtuose avec une bonne méthode, s'il s'en donne les moyens. HEIFETZ était diplomé de son école du musique à sept ans. Qu'avait-il de plus que les autres ? Eh bien tout simplement, sa forte volonté de bien faire et son perfectionnisme légendaire qui ont marquées toute sa vie, et avec cela, un bon professeur.


Il est vrai que mon professeur de violon est excellent. Une remplaçante, un jour qu'il était malade, s'est étonné de l'excellent niveau de tous ses élèves, par rapport au nombre d'années de violon.

C'est le contact avec lui, et avec son caractère franc et énergétique, très terre-à-terre qui fait que ses élèves parviennent généralement plus vite que les autres à un bon niveau de violon. Son sens du sarcasme est lui aussi assez élevé : il m'a imité plus d'une de mes interprétations à la manière de ce brave HEIFETZ.

Eloigné de lui, auprès d'un professeur plus exigeant et qui pourtant avait une meilleure technique (un de ses professeurs était l'élève d'Arthur GRUMIAUX !), j'ai progressé moins vite, quoique encore un peu plus vite que la plupart des élèves de ce dernier professeur; jusqu'au moment ou je suis rentrée en France et où j'ai repris mon envolée.


La musique est comme un incendie que si communique d'un coeur à l'autre, ce n'est pas un enseignement dialectique. C'est une sorte d'enthousiasme, de magnétisme qui monopolise l'être tout entier. Quelle que soit la technique et l'école que l'on préfère, rien ne remplace le contact avec les musiciens.
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MessageSujet: Tout apprenant est nécessairement autodidacte   Sam 31 Juil - 11:34

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